Des tirs nourris ont été entendus à Kaniola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, de dix-neuf heures le dimanche 6 septembre jusqu'à environ trois heures du matin le lundi 7 septembre. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu fait état d'au moins cinq corps sans vie et de plusieurs personnes portées disparues, selon un communiqué publié le lundi 7 septembre et rapporté par le média en ligne BETO.
Le même communiqué décrit une attaque au cours de laquelle des civils auraient été extirpés de leurs domiciles, puis plusieurs exécutés. Les corps auraient été retrouvés notamment aux alentours du centre de santé de Kaniola. Le gouvernement provincial attribue ces faits à « la Rébellion de l'AFC M23 soutenue par le Rwanda » et demande l'identification, la poursuite et la traduction des responsables devant les juridictions compétentes. Il appelle aussi le gouvernement central à renforcer d'urgence la protection des populations civiles de la zone. Ni l'AFC/M23 ni les autorités rwandaises n'ont réagi publiquement à ces accusations à la date de publication.
Une province qui demande la vérification de son propre bilan
Le communiqué précise que le bilan de cinq morts reste provisoire et sous réserve de vérification indépendante. Le gouvernement provincial sollicite pour cela l'Organisation des Nations unies, la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et des organisations de défense des droits humains.
Selon BETO, il s'agit de la deuxième dénonciation officielle en quatre jours portant sur la même localité. Kaniola est un groupement du territoire de Walungu, à l'ouest de Bukavu, sur un axe qui relie les hauts plateaux à la ville.
Un cadre de négociation encore incomplet
Les faits interviennent alors que deux processus sont en cours : des discussions entre Kinshasa et Kigali, dont le prochain rendez-vous est annoncé les 16 et 17 septembre à Genève, et le canal de Doha, qui associe Kinshasa et l'AFC/M23.
Sur les huit protocoles prévus par l'accord-cadre de novembre 2025, deux ont été signés selon la même source : le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu, et celui de la libération des détenus. Six restent à négocier, dont l'accès humanitaire et la restauration de l'autorité de l'État.
BETO cite par ailleurs le décompte de juin 2026 du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH), publié en août : 657 violations recensées à l'échelle nationale, dont 574 dans les trois provinces en conflit, l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Ce que l'on sait
- Établi par le communiqué provincial : des tirs entendus dans la nuit du 6 au 7 septembre à Kaniola, un bilan provisoire d'au moins cinq morts, une saisine des Nations unies.
- Non confirmé de source indépendante : le bilan lui-même, les circonstances des décès et l'attribution des faits.
- Non publié à ce stade : l'identité des victimes, le nombre exact de personnes portées disparues.
- Sans réponse publique connue : la MONUSCO, sur la saisine du gouvernement provincial.
- Non documenté : la présence et le dispositif des forces armées congolaises (FARDC) à Kaniola au moment des faits.