Le gouvernement provincial du Sud-Kivu, dirigé par Jean-Jacques Purusi et installé à Uvira, affirme que plus de 2 500 maisons ont été détruites par des incendies à Bukavu entre juillet et le début du mois de septembre 2026. L'information a été publiée le 8 septembre par Actualite.cd, qui cite un communiqué de cet exécutif provincial.
Selon ce communiqué, les sinistres ont touché des habitations, des écoles, une église et des maisons commerciales à travers les trois communes de la ville. « À ce jour, plus de 2 500 maisons auraient déjà été détruites dans différents quartiers de la ville », indique le texte, qui emploie lui-même le conditionnel. Le communiqué cite les quartiers de Nguba, Quartier Latin, Panzi, Nkafu, Nyamugo, Cimpunda et Buholo, « ainsi que dans plusieurs autres zones des trois communes de Bukavu ».
Un bilan dressé à distance
Le point sensible est rappelé par Actualite.cd : la ville de Bukavu n'est pas sous le contrôle du gouvernement provincial qui publie ce bilan. L'exécutif dirigé par Jean-Jacques Purusi est basé à Uvira. La dépêche n'indique pas par quelle méthode ni par quels relais ces chiffres ont été collectés, ni sur quelle période exacte ils portent — le titre parle de juillet et août, le corps du communiqué mentionne aussi « ce début septembre ».
Le communiqué ne donne pas de bilan humain chiffré. Il demande précisément que soient documentées « les pertes en vies humaines, les destructions de maisons et les biens des populations sinistrées », ce qui suggère que ce décompte n'existe pas encore côté provincial.
Les demandes de l'exécutif provincial
Dans son communiqué, le gouvernement provincial formule trois demandes :
- la mise en place d'un mécanisme indépendant d'enquête et de documentation sur les incendies récurrents à Bukavu ;
- la documentation des pertes en vies humaines, des maisons détruites et des biens des sinistrés ;
- l'accès humanitaire aux familles sinistrées, ainsi qu'une assistance liée aux déplacements forcés de populations.
Aucune autorité de fait exerçant le contrôle de Bukavu n'est citée dans la dépêche, et aucune réaction n'y figure. Les causes des incendies ne sont pas établies : ni le communiqué ni la dépêche n'avancent d'explication technique ou d'hypothèse documentée.
Ce que l'on sait
Établi : un gouvernement provincial du Sud-Kivu basé à Uvira a publié un communiqué sur les incendies de Bukavu, et Actualite.cd en rend compte le 8 septembre 2026. Établi également : ce communiqué demande une enquête indépendante et un accès humanitaire.
Non confirmé : le nombre de plus de 2 500 maisons détruites. Ce chiffre provient d'une seule partie, qui n'administre pas la ville concernée, et le communiqué lui-même le formule au conditionnel. Aucun recoupement par une organisation humanitaire, une structure de quartier ou un service technique indépendant n'apparaît dans la dépêche.
Non documenté : le nombre de victimes, le nombre de familles déplacées, les causes des sinistres et l'existence ou non de moyens de lutte contre l'incendie opérationnels dans la ville.
Au même moment, Actualite.cd publie plusieurs articles sur une série d'incendies à Kinshasa, où une autorité municipale évoque moins de cinq camions anti-incendie pour la capitale. Le lien entre ces deux séries d'événements n'est pas établi par la source.