À Beni, dans le Nord-Kivu, des femmes de la Police nationale congolaise (PNC) participent aux opérations de maintien de l'ordre, à la protection des civils et aux actions de sensibilisation contre les violences, rapporte Radio Okapi dans un reportage publié le mardi 8 septembre. La radio onusienne s'est intéressée à leur travail à l'occasion de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée le lundi 7 septembre.
Dans une région marquée par l'insécurité, liée notamment à l'activisme des groupes armés, ces policières prennent part aux patrouilles mixtes aux côtés de leurs collègues masculins pour protéger la population et ses biens, indique la même source.
Une même formation de base
Micheline Ekagaza Tengbuti, policière en service à Beni, explique à Radio Okapi que les femmes reçoivent la même formation de base que les hommes et disposent d'équipements de protection pour leurs interventions.
« Nous faisons les patrouilles avec les hommes. Nous avons bénéficié de la même formation de base. Nous avons des armes, des boucliers et des équipements de protection », témoigne-t-elle auprès de la radio.
Selon elle, les policières interviennent également pour sécuriser les personnes exposées aux menaces lors des opérations.
Sensibilisation et prise en charge des violences
Au-delà de la sécurisation des voies publiques, ces agents s'investissent dans la prévention des violences faites aux femmes. Elles bénéficient de renforcements de capacités dispensés dans le cadre de la collaboration avec la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), précise Radio Okapi. À ce titre, elles mènent des sessions de sensibilisation et offrent un accompagnement ciblé aux victimes.
« Nous sensibilisons les femmes pour qu'elles dénoncent les violences faites aux femmes, toutes sortes de violences », explique la même policière, qui intervient aussi dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive pour créer, dit-elle, un cadre de confiance avec les communautés locales.
La question des violences basées sur le genre reste sensible dans l'Est du pays, où les organisations humanitaires documentent depuis des années des cas liés aux conflits armés et aux déplacements de population. Le reportage de Radio Okapi ne fournit toutefois aucun chiffre sur les cas signalés ou pris en charge à Beni.
Ce que l'on sait
Ce qui est établi, selon Radio Okapi : des femmes policières de la PNC participent aux patrouilles mixtes à Beni ; elles mènent des activités de sensibilisation contre les violences faites aux femmes ; elles ont bénéficié de renforcements de capacités dans le cadre de la collaboration avec la MONUSCO ; la radio indique qu'elles sont « nombreuses » au commissariat urbain de Beni.
Ce qui n'est pas établi : le nombre exact de femmes policières en service à Beni et leur part dans les effectifs du commissariat urbain ; le contenu et la fréquence des formations dispensées avec l'appui de la MONUSCO ; le nombre de victimes accompagnées ; l'existence d'un dispositif dédié à la prise en charge des violences basées sur le genre au sein du commissariat. Aucune de ces données n'est disponible dans la dépêche, et aucune n'a été recoupée de source indépendante.